Le psychologue Sigmund Freud

Le livre de Sigmund Freud L’Interprétation des rêves, publié en 1900, est la pierre angulaire du développement de la psychologie moderne.

Le médecin psychiatre viennois avait constaté que plus ses patients étaient libres de dire ce qu’ils voulaient, plus ils parlaient de leurs rêves, comme s’ils devinaient que les problèmes qui les opprimaient leur étaient liés. Freud comprit alors que le rêve était la voie la plus directe, «la voie royale qui mène à l’inconscient». Son grand mérite est d’avoir introduit l’interprétation des rêves dans la thérapie psychanalytique. Considéré non plus comme un simple phénomène physiologique mais comme une manifestation essentiellement psychique, le rêve devient, avec Freud, l’émissaire de ce monde inconnu inconscient, responsable de tant de névroses. Examinons rapidement les fondements de la pensée freudienne.
Sigmund Freud
Le père de la psychanalyse pense que deux forces antagonistes se côtoient dans l’être humain : le principe de plaisir et le principe de réalité. Le sens du plaisir est localisé dans trois zones érogènes du corps, chacune d’elles ayant une fonction déterminée. L’enfant prend connaissance du plaisir érotique de la bouche en tétant le sein maternel, on parle de « phase orale ». Suit une phase « anale », liée à la défécation. Le plaisir s’étend pour finir à la phase « génitale ».

D’après Freud, le principe de réalité s’oppose au principe de plaisir. Fonctionnant presque comme un organe psychique, ce principe exige l’adaptation à la réalité et à l’ordre moral. Il contraint donc à renoncer à cette partie du plaisir sexuel qui pourrait offenser la morale et mettre l’individu en danger. Mais ce frein au plaisir a un coût élevé et génère des conflits entre l’instinct de conservation, la reconnaissance, des règles morales et l’instinct sexuel, qui a pour Freud une connotation particulière. Il se manifeste initialement sous forme d’attirance pour les parents,tout particulièrement pour celui de sexe opposé.
C’est de là que naît la célèbre théorie du complexe d’œdipe : le garçon éprouve le désir profond de posséder sexuellement sa  mère et souhaite la mort symbolique du père qui représente un obstacle. La fille, pour sa part, déteste sa mère car elle désire son père. Freud pensait avoir trouvé la confirmation de sa théorie (d’ailleurs très controversée) dans la légende d’œdipe, d’où cette appellation.

Cette sexualité refoulée tente de se frayer un chemin dans les rêves où elle apparaît cependant sous une forme dissimulée.

Freud, il faut rechercher la raison de cette dissimulation dans l’impossibilité de regarder franchement à l’intérieur de soi. Une confrontation directe, totale, épouvanterait le moi conscient en raison des contenus asociaux et immoraux de l’inconscient. La déformation du rêve est donc une conséquence de la censure que les tendances avouées du moi exercent sur les tendances et les désirs instinctifs. Freud définit les pulsions inconscientes et instinctives par le ça, et la conscience morale, la censure, par le surmoi. Au centre se trouve le moi, au travers duquel s’exprime le conflit.