Les interprètes de l’antiquité

Dans l’Antiquité, on attribuait au rêve des significations magiques et divines.

Les interprètes de la période antique y voyaient une intervention des dieux qui, par le biais du langage onirique, avertissaient, aidaient, et prédisaient l’avenir.

Dans la Bible, texte sacré par excellence, c’est par les rêves que Dieu parle aux hommes.
La plus ancienne clé des songes est égyptienne et figure dans le papyrus Chester-Beatty III, qui remonte à presque 2000 ans avant Jésus-Christ. Pour les anciens Égyptiens, le sommeil donnait accès à un univers dominé par des forces maléfiques dont il fallait se défendre en se tournant vers les dieux capables d’en neutraliser les maléfices. L’interprétation était confiée à un prêtre, le sha’ilou, qui était en mesure de libérer le rêveur des effets d’un mauvais songe. Dans un papyrus conservé au Louvre, on peut lire les formules qui permettent de recevoir ou d’éviter des rêves.
reve antiquite
Un ouvrage babylonien un peu plus récent, le Livre des songes assyrien, écrit vers 650 avant Jésus-Christ, rassemble des textes datant de 1700 avant Jésus-Christ.

C’est en Grèce que l’on trouve celui qui est jugé comme étant la plus haute autorité du monde antique en la matière : Artémidore de Daldis. Né à Éphèse (Daldis était le pays d’origine de sa mère), il vécut entre 135 et 200 après Jésus-Christ, voyagea beaucoup et pratiqua l’oniromancie à titre professionnel. Il a écrit l’Onirocriticon, un ouvrage en cinq volumes dans lequel il étudie plus de trois mille rêves et en donne une interprétation lumineuse. Dans cette oeuvre, Artémidore a analysé les rêves en tenant compte de la personnalité du rêveur, des circonstances du rêve et de l’avènement ou non de ses prévisions. Dans certains temples grecs consacrés au dieu mythique de l’art de la médecine, Esculape, on soignait les maladies grâce aux rêves. Épidaure était très célèbre pour accueillir un grand nombre de visiteurs. Ces derniers, après avoir accompli des rites purificateurs et des sacrifices préliminaires, attendaient le rêve qui allait les guérir. Dans le « rêve guérisseur », Esculape devait apparaître sous forme de chien ou de serpent. En Israël, la question des rêves est traitée dans le Talmud babylonien, un ensemble de doctrines écrit entre le IIe et le V siècle. L’interprétation des rêves était généralement confiée à des femmes qui pratiquaient les arts de la magie et de la sorcellerie, de même qu’à Babylone et en Égypte.

Vers le VIIIe siècle, deux auteurs vivant en Arabie : Ibn Sîrîn et Gadberrahman, ont aussi fortement marqué l’interprétation des rêves.