Le rêve en psychologie

Les rêves : des messages de l’inconscient pour mieux se connaître

C’est un langage chiffré que l’homme cherche à traduire depuis des millénaires.
L’oniromancie (du grec oneiros, « rêve », et manteia, « divination ») est peut-être le plus ancien art divinatoire de l’humanité. Le Talmud, un ensemble de doctrines hébraïques, affirme que « les rêves non interprétés sont des lettres qui n’ont pas été ouvertes ». Et en effet, les rêves sont très souvent des messages inestimables envoyés par notre composante la plus intime, responsable de pensées et d’actions indépendantes de notre volonté : l’inconscient.

L’inconscient et les symboles

L’inconscient est cette partie de la psyché, enfouie et mystérieuse, qui mérite d’être explorée et connue en raison de son action forte et déterminante sur nos vies. L’inconscient n’est pas seulement le chaudron dans lequel frémissent les éléments ténébreux, primitifs et bestiaux de la personnalité, comme l’affirment certains psychanalystes ; c’est aussi une source de vérité, de sagesse, de beauté et d’intuition. Il mérite donc que l’on y puise à pleines mains comme dans un écrin au contenu précieux, pour porter à la lumière, à la conscience, ce qui y est enfoui.

Mais l’entreprise n’est pas aisée : ce travail onirique de découverte de soi, que Cari Gustav Jung comparait à l’opus sacré de l’alchimiste en quête de la pierre philosophale génératrice de vie, présente des difficultés. Le langage imagé des rêves est plus primitif que le langage de l’état de veille et nécessite une interprétation très spécifique. De plus, les rêves sont souvent étranges et semblent employer une forme d’expression compliquée, avec une sorte de camouflage. Pourquoi ? Parce que l’inconscient, étant aussi constitué de pulsions déplaisantes auxquelles le conscient ne peut faire face, transmet ses contenus sous des apparences trompeuses, par des symboles qui semblent dire : « Et maintenant, essaie de me déchiffrer ! ».
Ces symboles-énigmes résultent d’un mécanisme déformant né d’une censure intérieure. Le rôle de cette censure est d’empêcher de venir à la lumière tout ce qui a été écarté et repoussé dans les profondeurs du Moi conscient, car jugé impossible à confesser ou irrationnel.

Mais les contenus psychiques refoulés se bousculent en permanence dans l’inconscient et tentent de gagner la conscience avec leur part d’énergie psychique et de charge affective. Et voilà que, avec une grande sagesse, l’inconscient les travestit, les dissimule sous des symboles pour déjouer la censure afin qu’ils puissent pénétrer dans la conscience.

Le symbole onirique est un pont entre l’inconscient et la personnalité consciente, un médiateur.

Par bien des aspects, un rêve ressemble à un film : une série d’images projetées sur l’œil de l’esprit durant le sommeil, un message traduit par des images visuelles et des associations d’idées. Et, bien qu’initialement ce langage imagé semble souvent étrange et compliqué, on découvre qu’il peut être extrêmement clair et laconique quand on arrive à le comprendre.

Nous verrons par ailleurs comment décoder ce langage en faisant appel au meilleur des interprètes : soi-même.